Confessions d’une ex accro au shopping

C’est drôle, les soldes ont commencé depuis (presque) une semaine et je n’ai toujours rien acheté. Drôle, oui. Car il y a quelques années, j’aurais tué père et mère pour cette nouvelle paire de sandales à -60%. Je me serais même mise dans l’embarras, quitte à m’auto-persuader qu’être à découvert, c’est tout à fait normal.

Cette année, j’ai essayé de me forcer. J’ai fait le tour des e-shops, j’ai tenté de remplir des paniers virtuels. En vain. Je suis même allée au centre commercial Beaugrenelle, pour faire du lèche-vitrine. Bilan ? Je suis ressortie de chez Darty avec Norbert le climatiseur (chose que j’étais venue acheter au départ) et sans le moindre achat superflu. J’ai dû passer 2 minutes à peine à faire le tour du centre commercial, rien ne m’intéressait. Et ces pancartes « soldes » sur toutes les vitrines ne m’attiraient pas. Au contraire… Elles me donnaient envie de fuir. Oui, j’ai vu des articles jolis par ci, par là. Mais rien qui vaille la peine de passer à l’acte. Rien qui me fasse envie de faire chauffer ma carte bleue. Et je crois que c’est bien là le « souci ».

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Avant, quand j’étais accro au shopping, je vivais ça comme un sport. Le plaisir, ce n’était pas réellement de porter ces nouvelles fringues ou nouveaux produits de beauté que je venais de m’offrir. Mais plutôt de les acheter, de les posséder et de savoir que je les possédais. A tel point que j’accumulais tout et n’importe quoi dans mon studio d’étudiante / de jeune travailleuse.
Ajoutez à cela le fait que je suis devenue blogueuse et que ça a aggravé mon cas. J’achetais juste pour alimenter le blog. Et puis, quand les blogs sont devenus tendances, les marques m’ont envoyé plein de choses – que je ne demandais pas forcément. Franchement, au début, c’était grisant. J’avais l’impression que c’était Noël tous les jours, que l’on me faisait plein de cadeaux. Et puis, il y a 2 ans 1/2, j’ai eu une grosse prise de conscience.

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Il y a 2 ans 1/2, mon copain et moi avons emménagé ensemble. Et j’ai dû faire un énorme tri dans mon studio avant de le quitter. Ma solution ? Jeter ce que je ne portais pas / ne porterai jamais. Et jeter tous les produits de beauté périmés que j’accumulais dans les placards mais que je gardais bêtement par orgueilleux plaisir. Résultat ? Des sacs poubelles de 100 litres ont été remplis, des amis sont venus se servir, j’ai mis des sacs entiers de vêtements dans des bennes Relais…

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Mais, comme toute bonne accro au shopping qui se respecte, je n’avais pas encore « soigné » mon cas. J’ai emménagé avec mon amoureux. Et quelques mois plus tard, notre appart’ était à nouveau plein à craquer de fringues (il y en a que je n’avais pas réussi à jeter alors que je ne les portais pas, il y en a d’autres que j’avais achetées sans en avoir besoin…), de cosmétiques… Je devais me rendre à l’évidence : ce n’est pas en déménageant que j’avais forcément traité le problème.

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La vraie libération ? Cela va vous sembler ironique mais… c’est quand j’ai emménagé au Babillages Office pour le boulot. Tout d’un coup, le stock de produits que j’utilise pour le travail a pris ses quartiers dans les placards du bureau. Tout le reste des cosmétiques superflus ? Je les ai donnés ou je m’en suis séparés dans des vide-dressings.
A la maison, j’y voyais donc plus clair. Et je me suis rapidement rendue compte que je portais tout le temps les mêmes vêtements et que 70% des fringues amassées chez moi ne me servaient à rien. Plus les jours passaient, plus cet amas de fringues me rendait folle. Les fringues étaient compressées les unes sur les autres (alors que j’ai un dressing énooorme) et ressortaient froissées du placard malgré le repassage… Résultat, le matin, m’habiller me dégoûtait. Je n’y prenais plus de plaisir. M’approcher de mon dressing engendrait presque une réaction allergique.

Pendant deux week-ends d’affilée, je me suis employée à régler le problème. Alors, comme dans le livre « La Magie du Rangement« , je me suis demandé : « est-ce que ce vêtement me rend heureuse ?« . Dans 70% des cas, la réponse était « non » ou « je m’en fous ». Alors, j’ai tout vidé. Et je n’ai gardé que 10 tee-shirts, quelques pantalons / shorts / jupes / robes. Depuis, mon dressing est quasiment vide. J’adore, il y règne une douce harmonie et surtout, je porte avec plaisir tous les vêtements qu’il contient.

Depuis ? Je n’ai rien acheté – hormis des choses qui me servent vraiment et que j’adore. C’est assez étonnant parce que pendant toute cette phase où mon appartement me dégoûtait car il était plein à craquer, je ne parvenais plus à pratiquer la méditation de pleine conscience à laquelle j’ai recours depuis plusieurs années déjà. Comme si je n’arrivais plus à prendre conscience de mon propre corps et de l’espace dans lequel j’évoluais. Alors ça me frustrait, ça me rendait triste et désagréable. Je me sentais oppressée par mon environnement et ne savais plus où était ma place.

Séparer mon espace de travail (où il est nécessaire d’accumuler des choses pour le boulot) de mon lieu de vie (où je n’ai pas besoin de grand chose pour être heureuse) a été important pour moi. Cela m’a permis d’y voir plus clair et de me retrouver dans un espace (au sens propre comme au sens figuré) sain et plus en accord avec mes valeurs.

Aujourd’hui, maintenant que je me connais bien – et je crois que la méditation de pleine conscience m’a aidée – je sens que je n’ai plus besoin de me cacher derrière des fringues ou du make-up pour être heureuse ou pour savoir qui je suis. Je dois vous avouer que je me fiche bien de porter la dernière robe à la mode : ça ne m’intéresse pas et je ne trouve pas mon bonheur là-dedans.  Je vous vois déjà vous moquer là, dans le fond. Et vous avez raison car vous pourriez avoir deux arguments :

  • Tu dénigres les gens qui aiment le shopping ?
    Absolument pas. Je prends moi-même du plaisir à acheter quelque chose dont j’ai envie et besoin. En revanche aujourd’hui, mon bonheur ne passe pas nécessairement par l’acquisition de nouveaux objets.
  • Tu as pourtant un blog sur lequel tu présentes plein de nouveautés…
    Je crois que c’est justement ce blog qui m’a « sauvée » d’une certaine manière. Car j’ai pu constater ce qu’était d’avoir beaucoup de choses et d’être très gâtée. Ca ne m’a pas plu car cela a fait de moi une personne aigrie, blasée de tout et un peu pourrie. Ca n’était pas ce que mes parents et mes grands-parents m’avaient inculqué et j’ai eu la chance d’ouvrir les yeux pour m’éloigner de tout ça.
    Aujourd’hui, je considère que ce qu’on m’envoie est un « outil de travail » (que je n’ai pas nécessairement demandé), que ça n’est pas « à moi » mais « à Babillages ». Je ne sais pas comment expliquer cette distinction entre « à moi » et à « Babillages » autrement que par cette image. Mais ça me permet de prendre de la distance par rapport à cette sur-consommation que nous « impose » le système et le métier. C’est ainsi que je change globalement peu de routine de soin à titre perso (et pour ça qu’on voit peu de routines de soin ici !), car je n’ai pas envie de mettre la main sur tous les produits qu’on m’envoie… Je n’ai qu’une peau après tout !
    Ceci dit, ça ne m’empêche pas d’être très heureuse de découvrir des nouveautés (surtout de maquillage !) et de prendre du plaisir à vous en parler en ayant du recul.

Bon… Tout ça pour dire que cela fait donc presque une semaine que les soldes ont commencé, que je n’ai rien acheté. Et que je n’ai même pas publié de liste shopping ici, avec mes recommandations beauté. Je vais le faire, car je sais que certaines attendent mon avis sur ce qui est cool à acheter et ce qui ne l’est pas forcément, promis !

Je vous invite également à lire ce billet d’Eleusis & Megara qui a pris conscience des mêmes choses que moi, autrement. Son article est intéressant à lire.

Crédits photos – Pinterest et Dizzybrunette
Of course, comme d’hab, les produits apparentés en-dessous, n’ont rien à voir avec le billet d’humeur. Ceci est automatiquement mis en-dessous de tous les billets. Ca a un sens quand je présente des produits… Et ça devient rigolo quand je parle d’une rédemption après une vie de shopaholic !

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Author: Selia

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